Poems of Charles Baudelaire

Charles Baudelaire was probably the first of France’s many poètes maudits, so dubbed because of their nonconformism and for their refusal to consider any subject taboo, and for which he was castigated by the literary establishment of the day. He had travelled extensively, and indulged in many of the activities that had become available to him, opium eating, illicit sex, and excessive drinking. One would have wished that travelling had widened his horizons, so it is sad to note instances of his feeling of racial superiority, illustrated, for example, in the line: Si vous allez Madame au vrai pays de la gloire/ if you go Madam to the true land of honour. To him, the white races were a cut above.The line above is from A une dame Créole, a poem which is much loved in my native Mauritius as many believe, without too much evidence that the subject of the poem was a native of our island. I have chosen some of his best-loved ones and publish them here with my own translations.

The lugubrious poète maudit

A une dame Créole

Au pays parfumé que le soleil caresse,

J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprés

Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,

Une dame créole aux charmes ignorés.

Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresse.

A dans le cou des airs noblement maniérés;

Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,

Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,

Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,

Belle digne d’orner les antiques manoirs,

Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites

Germer mille sonnets dans le coeur des poètes,

Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

Une Dame Créole

On a fragrant sun-kissed island under blue skies

Under trees of pinkish hue and palms

From which languor leaps into your eyes

I met A Creole lady of hidden charms.

Her complexion’s pale and warm, the dark enchantress.

She holds her neck haughtily, with put-on allure

Tall and svelte, she walks like a huntress

Her smile serene and her gaze assured

If you go, Madam to the land of true honour

On the shores of the green Loire or of the Seine

You, born to adorn an antique manor

Under these shadowy retreats you would then

Cause a thousand sonnets to burgeon in the heart of men

Who with your large eyes than your slaves would make tamer

L’Albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid!

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,

L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Paul Carroll (Unsplash) “Ses ailes de géant l’empêchent de marcher”.

Often for fun the crew would trap and tease

Those big majestic kings of the seas

Which follow, lethargic companions

The ship gliding along the bitter watery canyons.

Hardly has one been forced to land on the poop

Than this king of the skies, now a clumsy and shameful boob

Lets down its great white wings piteously

And watches them drift along languorously.

This winged voyager, how gauche, how pitiful

Once so regal, now comical, even distasteful.

Someone prods its beak with a hot poker

Another limps away mimicking the frustrated flyer.

The poet is like this prince of the skies

Who brave tempests and the archer defies

Grounded on earth amid jeers and jests

His giant’s wings get him in a bloody mess.

L’Invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur, Songe à la douceur

D’aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir,Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre ;

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Aux vagues senteurs de l’ambre,

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds,

La splendeur orientale,

Tout y parlerait

À l’âme en secret

Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l’humeur est vagabonde ;

C’est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu’ils viennent du bout du monde.-

Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D’hyacinthe et d’or ;

Le monde s’endort

Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Unsplash (Austin Neill)

Let’s go a-roaming

My child, my soul mate

Imagine the bliss the pleasure

Of landing there you and I

Loving at leisure

To love and then die

In the land reflecting your gait

The wet sunshine

Of the scattered skies

In my mind

Appears

To have the charm of your treacherous eyes

Shining through your tears

Here all is beauty and order

Voluptuous calm and splendour

To our chamber

Adorned by shining antiques

And exotic orchids

Will imbue an aroma of amber.

Opulent ceilings will there be

Mirrors deep as the sea

And oriental extravagance

All there only to address

The soul’s loneliness

Only in its own secret parlance

Here all is beauty and order

Voluptuous calm and splendour

Behold in these channels

The rocking vessels

With their vagabond fame

It is to be ready to fulfil

Your every whim and will

That from the end of the world they came.

Setting suns adorn the vicinity

The canals, the whole city

With a mantle of hyacinth and gold

And the whole world

Will peacefully go

To sleeps In its warm glow

Here all is beauty and order

Voluptuous calm and splendour

A une Malabaraise

Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche

Est Large à faire envie à la plus belle blanche ;

A l’artiste pensif ton corps est doux et cher ;

Tes grands yeux de velours sont plus noirs que ta chair.

Aux pays chauds et bleus où ton Dieu t’a fait naître,

Ta tâche est d’allumer la pipe de ton maître,

De pourvoir les flacons d’eaux fraîches et d’odeurs,

De chasser loin du lit les moustiques rôdeurs,

Et, dès que le matin fait chanter les platanes,

D’acheter au bazar ananas et bananes.

Tout le jour, où tu veux, tu mènes tes pieds nus

Et fredonnes tout bas de vieux airs inconnus ;

Et quand descend le soir au manteau d’écarlate,

Tu poses doucement ton corps sur une natte,

Où tes rêves flottants sont pleins de colibris,

Et toujours, comme toi, gracieux et fleuris.

Pourquoi, l’heureuse enfant, veux-tu voir notre France,

Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance,

Et, confiant ta vie aux bras forts des marins,

Faire de grands adieux à tes chers tamarins ?

Toi, vêtue à moitié de mousselines frêles,

Frissonnante là-bas sous la neige et les grêles,

Comme tu pleurerais tes loisirs doux et francs,

Si, le corset brutal emprisonnant tes flancs,

Il te fallait glaner ton souper dans nos fanges

Et vendre le parfum de tes charmes étranges,

L’oeil pensif, et suivant, dans nos sales brouillards,

Des cocotiers absents les fantômes épars !

Une Malabaraise (Unsplash by Jyoti-Moy-Gupta)

To a Young Woman from Malabar

Your feet are as fine as your hands and so broad appear

Your hips they’d make proud white women slobber

To the thoughtful artist your body’s sweet and dear

Your big velveteen eyes than your skin are darker

In the warm blue land where your God wanted you born

Your task is to light your master’s meerschaum

To serve jugs of water, and perfume to spread

To chase buzzing mosquitoes from the master’s bed

And when the plantains start singing at dawn

To rush out and buy bananas and ananas

To the bazar, barefoot if it’s your choice

Humming and to unknown tunes giving voice

When wrapped in its scarlet coat day is gone

You rest on a woven mat, your day done

Peopling your fantasies with colibris

Like you full of grace and breeze

Why, happy child do you wish to come to France,

That too crowded land on the brink of sufferance

Putting your life in the strong hands of mariners

To your dear tamarinds bidding tearful farewell?

Semi-dressed in your thin flimsy gossamers

Shivering there under snowstorms and swells

How you will lament for your sweet and frank freedom

With your body trapped in this brutal vest

You’d have to scratch for a living in our Sodom

Selling the fragrance of your strange charms

Your pensive eyes seeking in our louring mist

Phantoms of sparse non-existent coconut palms.

Chant d’Automne

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres

Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,

Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,

Et, comme le soleil dans son enfer polaire,

Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;

L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.

Mon esprit est pareil à la tour qui succombe

Sous les coups du bélier infatigable et lourd.I

l me semble, bercé par ce choc monotone,

Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.

Pour qui ? — C’était hier l’été ; voici l’automne !

Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,

Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,

Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,

Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,

Même pour un ingrat, même pour un méchant ;

Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère

D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.

Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !

Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,

Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,

De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !

Autumn (Unsplash, Oscar Toledo)

I

Soon cold darkness will be our companion

The radiant light of our all-too-short summers gone

The baleful shock of the crash can be heard

Of logs smacking the floor of the courtyard

Winter will eat into my soul: anger

Hatred, shivers, horror, hard forced labour

And trapped in its polar hell like the sun

My heart will turn into a mass red and frozen

I shudder as I hear each log falling

A scaffold rising has no harsher sound, I am

Very much like the castle surrendering

Under the hammering of the battering ram

Rocked by these monotonous thuds it appears

Like somewhere a coffin’s undergoing closure

Who for?_Summer now gone; autumn is here

This mysterious noise indicates a departure

II

Though I love the greenish light of your long eyes

Today sweet beauty, all I see I despise

And nothing, not your love, your hearth, your salon

Is to me worth sunlight spread on the ocean

Still tender heart show me love, be maternal

Even to this ingrate, with his wicked ways

Lover, sister, be the sweetness ephemeral

Of a glorious autumn, or as it sets, sun’s rays

Short task! The grave awaits; she is grasping

Let me, my forehead resting on your knees

Savour whilst mourning summer white and sizzling

Of the gone season, the sweet yellow rays

L’homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

La mer est ton miroir (Unsplash by bJames Eades)

Man and The Sea

Free man you’ll always hold dear the sea

You see yourself in it, the sea is your mirror

In the perpetual flow of its swell you see

Your soul- your spirit isn’t an abyss less bitter

You relish diving into your own reflection

You embrace it with your eyes, your arms, and your soul

Often entertains itself with the reverberation

Of the noise of the savage untamed howl

Like you dark and secretive is the sea

Man, no one has probed your profundity

And Sea, no one has pierced your inner richness

So bent are you both to hide them in darkness

And there you are for centuries galore

Remorselessly pitted ’gainst each other

You’re both so enamoured of death and gore

You eternal enemies, you each other’s brother

La Destruction

Sans cesse à mes côtés s’agite le Démon ;
Il nage autour de moi comme un air impalpable ;
Je l’avale et le sens qui brûle mon poumon
Et l’emplit d’un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l’Art,
La forme de la plus séduisante des femmes,
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu,
Haletant et brisé de fatigue, au milieu
Des plaines de l’Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion
Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,
Et l’appareil sanglant de la Destruction !

Guernica by Piccasso

Havoc

The Devil is always and ever by my side

He hovers over me like something impalpable

I breathe him in and as it burns my insides

He fills them with a desire lasting and culpable

Knowing the arts to be my ruling passion

He takes the shape of the female of the species

And with dubious pretexts of depression

Directs my lips to forbidden remedies

Thus does he lead me away from God’s gaze

Panting, broken with fatigue, in a maze

Of plains of boredom, deep and deserted

And sprinkles my eyes filled with confusion

Soiled garments, and my skin lacerated

And the bleeding instrument of Destruction

And finally a poem on Baudelaire by Paul Verlaine who was greatly inspired by the poète maudit, even if he claims to hate him.

Paul Verlaine

A Charles Baudelaire

Je ne t’ai pas connu, je ne t’ai pas aimé,
Je ne te connais point et je t’aime encor moins :
Je me chargerais mal de ton nom diffamé,
Et si j’ai quelque droit d’être entre tes témoins,

C’est que, d’abord, et c’est qu’ailleurs, vers les Pieds joints
D’abord par les clous froids, puis par l’élan pâmé
Des femmes de péché — desquelles ô tant oints,
Tant baisés, chrême fol et baiser affamé !

Tu tombas, tu prias, comme moi, comme toutes
Les âmes que la faim et la soif sur les routes
Poussaient belles d’espoir au Calvaire touché !

– Calvaire juste et vrai, Calvaire où, donc, ces doutes,
Ci, çà, grimaces, art, pleurent de leurs déroutes.
Hein ? mourir simplement, nous, hommes de péché.

To Charles Baudelaire

I never knew you, I loved you not

Now that I know you, I love you even less

Asked to defend you, I’d be in a tight spot

If I were called upon to bear witness

First in another place, towards Feet together

First bound by cold nails, then by the zeal flouted

Of the sinful women who with their kisses smother

And anointed them with the mad tears they shed

You had a fall, like me, like any other

The souls of those driven by thirst and hunger

On the roads, full of hope towards Crucifixion

A just Calvary, a true one, so where came the doubts

Grimaces, art, shedding tears for their crushing routs

Why? Why can’t we sinful men simply end in perdition

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San Cassimally

Prizewinning playwright. Mathematician. Teacher. Professional Siesta addict.